Lettre à mes Sœurs

Lettre à mes Sœurs

L’amour dans leurs yeux

J’ai bien pris soin de laisser le temps couler, glisser sur les évènements 

improbables et réduire le silence aux désirs ressuscités de la terre.

Et pourtant haine et violence persistent ! L’Humanité en sursis résiste au désespoir.

 

Au ciel le dernier mot ! Au diable les corrompus ! Là encore, nos larmes brillent d’un Amour à venir. Tire la transparence de la feuille et cherche l’essentiel.

A quand une vie sans malheur ? L’encre, le bruit de tes poèmes. Ton parfum est bribes de souvenirs dans ma mémoire effacée. Le printemps nous a appris le cri de l’enfant à naître. Les comptines et les battements de cœurs, de corps qui grandit.

 

La plume des poètes sera Yeux du monde. Au regard du jasmin éperdu, le blé retourne à son grenier originel avant qu’il ne soit volé. Au regard de ce monde, nous ne craignons plus de mourir. Cet automne, j’ai vu danser la pluie au-dessus des nuages avant de tomber et faire valser les feuilles. Porteuse de vie, qui plus que toi peut comprendre son sens ?

 

Je t’implore d’ouvrir les yeux. Ta voix perpétue le nom de l’amour sur toutes les lèvres. Fraternise l’équilibre de la famille, de la société, des humains. Ta main œuvre dans la bonté. Ta présence répand la paix. Stop les bombardiers.

 

Le matin fait trembler la fenêtre, le jour se lève. Le ruisseau chante le printemps nouveau. Les cerisiers sont en fleurs. L’été arrive bientôt . De ces guerres, de ces paix introuvables. Que de larmes versées ! Je cherche pourtant Ta voix La sagesse érudite des temps anciens. En dépit des guerres et des larmes versées. Ton regard nous emplit de bonheur. Ce matin, un air de printemps dans tes yeux. Sœurs de la miséricorde, dans tes yeux avant tout.

 

Je t’écris les mots d’une poète. Je t’invite à raviver la flamme. Toucher la suprême émotion, la douceur d’une mère sublime qui œuvre l’éternel. J’ai souvent perdu mon chemin, mais je me suis toujours retrouvée, dans ton rêve, dans Ton regard.

 

 

Jamila Abitar

Paris - France